Brooke Henderson arrive aux rondes décisives de l’Omnium féminin CPKC 2026 avec une occasion rare entre les mains : signer un troisième triomphe au championnat national et défendre son titre devant le public canadien. À Edmonton, au Royal Mayfair Golf Club, tout indique qu’un week-end chargé d’émotions attend la golfeuse de Smiths Falls.
La Canadienne a lancé son tournoi avec une ronde de trois coups sous la normale, conclue par un oiselet opportun qui l’a maintenue dans le groupe des poursuivantes. Devant elle, la Japonaise Miyu Yamashita a ouvert la porte avec une carte de huit coups sous la normale, ce qui place Henderson dans une posture de chasseuse plutôt que de meneuse à l’aube des deux dernières rondes.
Le décor est relevé, le tableau est profond, et l’enjeu dépasse largement un simple trophée. Pour Henderson, il s’agit de marquer encore davantage l’histoire du golf féminin au pays.
Un titre à défendre, puis un autre sommet à conquérir
Henderson revient à l’Omnium féminin CPKC en tant que championne en titre, après sa victoire de 2025 au Mississaugua Golf and Country Club, en Ontario. Ce succès avait mis fin à une attente personnelle de plus de deux ans et confirmé qu’elle pouvait encore dominer dans les grands rendez-vous.
Sa victoire de l’an dernier avait été construite avec sang-froid. En concluant le tournoi par une ronde de 67, soit quatre coups sous la normale, elle avait devancé Minjee Lee par un seul coup et décroché sa 14e victoire sur le circuit de la LPGA.
Voici ce que ce week-end pourrait lui offrir :
- un deuxième titre canadien d’affilée;
- une première défense réussie du championnat par une Canadienne;
- un troisième sacre à l’Omnium féminin du Canada;
- un jalon supplémentaire dans une carrière déjà unique.
Henderson fait déjà partie d’un cercle extrêmement fermé. Dans l’histoire du tournoi, seules elle et Jocelyne Bourassa ont remporté le championnat national, Bourassa ayant été couronnée en 1973 à l’époque de La Canadienne.
De Regina à Edmonton : une relation spéciale avec ce tournoi
Le lien entre Henderson et cet événement remonte à 2018, lorsqu’elle a remporté l’Omnium féminin CPKC pour la première fois au Wascana Country Club, à Regina. Ce jour-là, elle avait mis fin à 45 ans d’attente en devenant la première Canadienne à soulever le trophée dans l’ère moderne du circuit de la LPGA.
Cette victoire par quatre coups avait eu une portée symbolique énorme. Jouer devant les partisans du pays ajoute toujours une pression particulière, mais Henderson avait répondu avec une ronde finale très maîtrisée, presque clinique dans sa gestion du parcours.
Sept ans plus tard, elle a répété le scénario en Ontario, cette fois avec encore plus de maturité et un plateau de calibre international plus dense. Une troisième victoire en 2026 serait encore plus singulière, puisqu’elle lui permettrait de collectionner des titres dans trois provinces différentes : la Saskatchewan, l’Ontario et l’Alberta.
Elle n’en serait pas moins la même joueuse : solide, patiente et capable d’accélérer au bon moment.
Le peloton de tête ne lui laissera aucun répit
Le défi ne se limite pas à bien jouer; il faut aussi composer avec une concurrence de très haut niveau. Cette édition réunit plusieurs vedettes capables de changer le classement en une seule ronde.
Parmi les principales rivales, Miyu Yamashita s’est immédiatement installée comme la référence du premier tour. Sa ronde de huit coups sous la normale l’a placée en position de contrôle, et son statut de gagnante sur le circuit de la LPGA en 2026 confirme qu’elle ne se trouve pas là par hasard.
Nelly Korda, numéro un mondiale, constitue une autre menace de taille. Avec quatre victoires cette saison, dont le Championnat Chevron et l’Omnium féminin des États-Unis, elle arrive à Edmonton avec le genre d’élan qui force toutes les autres à hausser leur niveau.
Lydia Ko ajoute une autre couche d’histoire au tournoi. Déjà triple gagnante de l’épreuve, elle vise un quatrième triomphe qui lui donnerait seule le record du championnat. Son lien avec le Royal Mayfair remonte à 2013, quand elle y a gagné à l’âge de 15 ans.
Autour d’elles, le tableau est encore plus riche :
- Hyo Joo Kim;
- Ruoning Yin;
- Hannah Green;
- Jin Young Ko;
- Minjee Lee, finaliste en 2025;
- Megan Khang;
- Paula Reto;
- Ariya Jutanugarn.
Avec six des dix meilleures golfeuses du monde et 14 joueuses du top 25 présentes à Edmonton, Henderson devra presque certainement produire deux rondes de très grande qualité pour espérer repartir avec le titre.
Une vitrine majeure pour la relève canadienne
Au-delà de la lutte en tête d’affiche, le tournoi sert aussi de rampe de lancement à une nouvelle génération de Canadiennes. Quinze joueuses du pays ont pris le départ, ce qui donne au public local une occasion précieuse de voir l’avenir en action.
Aphrodite Deng attire encore l’attention après sa performance de 2025, lorsqu’elle avait terminé à égalité au 20e rang tout en repartant avec le titre de meilleure amateure. La golfeuse de Calgary a ensuite ajouté le Championnat junior féminin des États-Unis à son palmarès en 2025, avant de défendre son titre au Mizuho Americas Open en mai.
Anna Huang fait aussi parler d’elle. Devenue professionnelle à 16 ans, la joueuse de Vancouver possède déjà quatre victoires sur le Ladies European Tour, ce qui témoigne d’une progression rapide et d’un potentiel déjà bien concret.
Clairey Lin complète ce trio de jeunes noms à suivre de près. Pour sa première présence à l’Omnium féminin CPKC, elle arrive avec un sérieux bagage après être devenue la deuxième Canadienne d’affilée à remporter le Championnat junior féminin des États-Unis, dans le sillage de Deng.
D’autres Canadiennes ont également obtenu leur billet pour ce rendez-vous d’élite :
- Lauren Kim;
- Vanessa Borovilos;
- Shauna Liu;
- Tillie Claggett;
- Katie Cranston;
- Eileen Park.
Leur présence transforme l’événement en plus qu’une simple chasse au titre. Elle offre aussi un aperçu clair des joueuses qui pourraient éventuellement prendre la relève de Henderson sur les plus grandes scènes du golf mondial.
Samedi pour se placer, dimanche pour conclure
La troisième ronde de samedi sera le moment où le classement devrait vraiment se décanter. Au Royal Mayfair, cette journée sert souvent de point de bascule : les meneuses cherchent à se protéger, tandis que les poursuivantes doivent choisir entre prudence et audace.
Pour Henderson, la formule paraît simple, même si son exécution l’est beaucoup moins. Réduire l’écart, éviter les erreurs coûteuses et profiter des occasions de birdie seront les priorités. Sur ce parcours, la précision au jeu d’approche et une gestion rigoureuse du tracé peuvent faire toute la différence.
Dimanche, la ronde finale mettra tout le monde face au verdict. La championne repartira avec la plus grande part d’une bourse totale de 2,75 millions de dollars américains, soit 412 500 $ US pour la gagnante.
Mais pour Henderson, le poids symbolique du résultat pourrait dépasser la valeur financière. Une victoire lui offrirait :
- un troisième championnat national;
- une défense de titre couronnée de succès;
- un nouveau chapitre marquant pour le sport canadien;
- une confirmation de son statut parmi les grandes athlètes du pays.
Avec Henderson à la poursuite de l’histoire, des étoiles internationales en pleine forme et plusieurs jeunes Canadiennes prêtes à se mesurer à l’élite, la fin de semaine à Edmonton promet une conclusion à la fois serrée, relevée et mémorable.

